Il s'agit de faire l'inventaire des difficultés des Mouzillonnais dans leur vie de tous les jours et essayer de prendre leur défense
Plus que quatre jours. Et la concertation sur la liaison Clisson-Vallet-Ancenis ouverte à la population sera terminée. Les habitants ont en effet jusqu'au 14 septembre pour consigner leurs remarques sur le projet structurant. Et plus que le samedi 12 septembre de 9 h à 12 h 30 pour rencontrer en mairie de Vallet un technicien de la direction des infrastructures du conseil général. Cette dernière permanence s'annonce chargée. Vallet est la commune où il y a le plus d'opposants au projet.
Cette phase de concertation, la population s'en est-elle emparée ? Et si oui, quelle est sa position sur la question? Une consultation des recueils et un point sur les deux jours de permanence ont permis de dresser plusieurs constats.
• Quel bilan ?
Lundi soir, à la mairie de Gorges, la deuxième permanence tire à sa fin. Les bilans des deux après-midi sont plutôt positifs. "H y a eu un fil continu de personnes. Signe que la population porte de l'intérêt sur les questions d'aménagement de son territoire", confirme Laurent Renou, le technicien du Département. Qu'ils soient pour ou contre, le dispositif a permis de répondre aux questions des habitants, de préciser le projet.
Sur les recueils comme sur le site du conseil général, le constat est plus partagé. Au Pallet, seulement deux personnes ont noirci les pages. Contre des dizaines à Vallet. A La Remaudière et à La Bois-sière-du-Doré, personne n'avait fait usage du registre en début de semaine.
Sur le site du conseil général, même absence de mobilisation. Seulement huit personnes ont adressé un courriel. En fait, il semble que les gens privés de parole par les associations attendaient de passer dans les permanences pour s'exprimer.
• Craintes et questions ?
Les plus récurrentes portent naturellement sur les risques de nuisances sonores, sur la destination de la future route et sur la disproportion entre le nombre de tracés passant à l'ouest (7) et le seul tracé passant à l'est. Quant à Castel et l'aéroport, il semble que la cause soit entendue. Très peu de personnes laissent sous-entendre que la future liaison est faite pour desservir ces deux entités. Idem pour Nantes. La concertation a permis de dire et redire que la vocation de la route est locale. Et non "qu'elle servira aux Nantais".
L'autre inquiétude porte sur le trafic et sur le fait que l'analyse multicritères montre qu'il y a deux fois plus de trafic sur le tracé Ouest rapproché. Sur cette question, le conseil général se veut aussi rassurant. Le trafic n'est qu'un des éléments parmi tant d'autres. Il aura à prendre sa décision au regard de l'étude, de la phase de concertation, et de toutes les politiques départementales. Que ce soit notamment en matière de territoire, de déplacement ou d'environnement.
• Pour ou contre ?
Dans les recueils, la part des personnes qui ne veulent pas de la route ou qui disent qu'il ne faut rien faire est très minoritaire. A peine 5 % des avis recueillis. Preuve que la nécessité du projet fait son chemin dans l'opinion. En majorité, les gens semblent favorables à la route. A condition qu'elle ne passe pas près de chez eux.
La plupart des personnes se prononcent en faveur d'un tracé. Les avis penchent très nettement à l'est. Plus court donc moins coûteux, plus éloigné des habitations, préservant l'environnement, le tracé présente pour les habitants "le moins d'inconvénients." La concertation a permis aussi à des habitants qu'on n'entendait pas ou peu de prendre la parole. Exemple à Mouzillon. Un habitant souligne l'importance du projet. "Le bourg de Mouzillon est en train de mourir. C'est le plus traversé de Loire-Atlantique. Cela fait vingt ans que cela traîne. On a suffisamment écouté les associations." Des associations qui ont également profité de la concertation pour rappeler leurs positions.
• Et après ?
La concertation se termine le 14 septembre. Les services techniques du conseil général ont jusqu'à la fin septembre pour rendre leur copie. Le choix d'un tracé par le conseil général est attendu les 19 ou 20 octobre. Jours de l'assemblée départementale. Problème, le Département attend toujours deux réponses de la part de l'Etat. La première porte sur les possibilités de raccordement avec un échan-geur au niveau de la RN 249. La seconde, posée au ministère de l'Agriculture, concerne l'incidence sur l'aire AOC. Le Département peut-il prendre sa décision en l'absence d'avis de l'Etat? Oui. Au risque de la fragiliser. A cinq semaines de l'assemblée, le conseil général fait donc le forcing auprès de la préfecture pour que l'Etat prenne position.